The films of Guillaume Dustan (2000-2004)

Artist(s)
Guillaume Dustan
Les films de Guillaume Dustan (2000-2004)

The films of Guillaume Dustan
march - april - may 2021

Les films

Entre 2000 et 2004, Guillaume Dustan (1965-2005, Paris) l’écrivain français, éditeur, magistrat, artiste et personnalité publique réalise dix-sept films avec une caméra DV
légère. Ces films constituent une partie méconnue de son oeuvre très peu connue à ce jour. Leur exposition à Fri Art permet de jeter un regard neuf sur une figure clé de la
littérature française et de la culture queer au tournant du millénaire. Plusieurs d’entre eux sont réalisés à Zürich et à Genève, où Dustan se rendait régulièrement pour voir Tristan, son amoureux.

Dans son dernier livre paru en 2005 (Premier Essai, Flammarion), Guillaume Dustan publie sa filmographie complète. Il décrit comme suit des objets alors inconnus du
public : « Mes films sont tournés selon le dogme warholien en DV avec une très jolie caméra Sony qui fait une image très étrange, sans générique, en son direct, sans montage. C’est filmé-monté. »

L’exposition : situer les films de Dustan dans son oeuvre

« J’ai montré mes films un peu à ma mère, qui a adoré, presque tous à Joanny parce que Tim fait la gueule quand il les voit. Personne ne veut de ces films. Nicolas Bourriaud les a gardés six mois au palais de Tokyo sans les programmer comme il l’avait promis. Il a fini par m’écrire un mot de regret, merci bien. » Guillaume Dustan, Premier Essai, Flammarion, 2004

La première présentation institutionnelle des films de Dustan (mars - avril - mai 2021) permet de ressaisir des objets qui incarnent la construction d’un réseau de pensée queer en Europe autour de la notion de politisation des sexualités et de la construction alternative des regards dans les années 2000. L’exposition se présente comme une expérience à la croisée du cinéma et de la littérature, au carrefour du regard, de l’écoute et de la lecture. Elle est structurée autour d’un programme central de projection accompagné de quatre postes de visionnage. Ces stations structurent les films en quatre séries : les films d’appartement (Pop Life, Songs in the key of moi, [film perdu]), le cycle de Tristan (Pietà, Nous (love no end), Nous 2, Ratés), les films d’entretien (Poubelle, Nietzsche, Enjoy (back to Ibiza)) et la communauté (Squat, Autrechose, montre † lèvres).

Les quatre séries de films sont contextualisées et augmentées à chaque fois d’un reader qui rassemble des textes rares, notamment du matériel extraits des archives de l’écrivain. Ces ouvrages denses situent les films dans une constellation d’affinités historiques concrètes et imaginaires d’ami.es, d’artistes, de théoricien.nes, de musicien.e.s et d’autres alliés du projet artistique et politique de Dustan. On y croise des textes et du matériel de Lili Reynaud-Dewar, Paul B. Preciado, Monique Wittig, Béatrice Cussol, Elliot Evans et Thomas Clerc, entre autres.

Pour la première fois, un effort important a mené à la traduction et aux sous-titrages de plusieurs films. La pensée en acte de Dustan s’enregistrant, ainsi que celle des personnes avec qui il dialogue et la musique qu’il écoute devient accessible en anglais et en allemand. L’exposition présente également la liste complète des livres qu’il a publié en tant qu’éditeur dans sa collection “Le Rayon” (Balland), la première collection LGBTQ française, dont la totalité des plus de soixante titres est présentée. Ainsi, c’est la force d’un engagement pluriel, au-delà de ses écrits personnels, qui est rendue accessible pour une nouvelle génération d’artiste et un large public.

Les films sont les protagonistes centraux. C’est à partir d’eux que se produit une évaluation actualisée de la figure de Guillaume Dustan en artiste engagé pleinement dans son époque. Cette relecture dépasse celle de l’écrivain subversif canonisé. Elle vise comme un point aveugle dans les tensions contemporaines : c’est ce que Dustan nous fait aujourd’hui ; une personne qui a mêlé l’art et la vie d’une nouvelle façon en son temps.

L’exposition est organisée en collaboration avec Treize (Paris)
Commissariat : Julien Laugier, Pascaline Morincôme, Olga Rozenblum
Production : Fri Art Kunsthalle – Marie Gyger, Nicolas Brulhart.

Dates des expositions et programme complet : fri-art.ch
Horaires : Me – Ve 12:00–18:00 et Sa – Di 13:00–18:00
Médiation artistique et visites scolaires : info@fri-art.ch

Remerciements
Merci à Philippe Joanny and Tim Madesclaire, Tristan Cerf, Sophie Baranes, Julie Maillard Baranes, Sarah Baranes, Lili Reynaud Dewar, Paul B. Preciado, Pierre Dulieu, Béatrice Cussol, Thomas Clerc et les éditions P.O.L, Charlène Dinhut et «Manifestations, Art et Société» département du Centre Pompidou, Darjeeling Bouton et le Vidéodrome Marseille, les étudiant·es de l’Esadmm - école d’art de Marseille - et la Villa Arson - l’école d’art de Nice, l’Institut des Mémoires de l’Edition Contemporaine - IMEC, Librairie Albert Le Grand

Cette exposition est réalisée avec le soutien de la Fondation Jan Michalski.

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