L'histoire de Fri Art débute en 1979 par la naissance de son association fondée par l’artiste et curateur Michel Ritter et un groupe de passionnés de création contemporaine.

Deux ans plus tard, l’événement Fri Art 81 fait trembler les murs de l’ancien séminaire diocésain et témoigne du développement de la scène artistique contemporaine de la cité de Zaehringen. Sous l’impulsion de Michel Ritter, Fri Art se regroupe avec d’autres organisations culturelles (entre autres Fri-Son, et le festival Belluard Bollwerk International) pour monter cette exposition pluridisciplinaire dans le cadre des célébrations du 500ème anniversaire de l’entrée de Fribourg dans la Confédération. Des expositions et diverses performances rassemblent une soixantaine d'artistes suisses et internationaux, dont Roman Signer. Cet événement bénéficie d’un retentissement international et est suivi par Fri-Art made in Switzerland, une exposition organisée sur cinq sites différents à New York et réunissant plus de 40 artistes suisses, dont Meret Oppenheim, John Armleder, Christian Marclay, Dieter Roth ou Roman Signer.

En 1982, Michel Ritter et l’association Fri Art déposent un projet pour un centre d'art contemporain permanent auprès des autorités. Le 10 novembre 1990, après plusieurs années de pourparlers et de lutte, le soutien de nombreux artistes – dont Jean Tinguely – le centre d’art contemporain de Fribourg, Fri Art, est installé dans une ancienne usine de carton (1896-1935) devenue un asile de nuit (1936-1990) et mise à disposition par la Ville de Fribourg.

Si la Kunsthalle de Fribourg s’installe enfin dans un lieu fixe, les finances demeurent incertaines, comme c’est le cas pour d’autres acteurs culturels à Fribourg qui se rassemblent de 1993 à 1997 sous l’Association Phare. Celle-ci mutualise l’énergie de ces lieux alternatifs, théâtres, salles de concerts, espaces d’art et artistes pour dénoncer leurs conditions de travail précaires et inciter les politiques à définir une nouvelle politique culturelle ambitieuse. Cet important engagement social et culturel débouche sur un nouveau système de subvention régional.

Durant douze ans (1990-2002), Michel Ritter, secondé par la photographe Eliane Laubscher, organise à Fri Art de nombreuses expositions, performances et événements artistiques mettant à l’honneur la scène suisse et internationale. La plupart des artistes exposés durant cette période sont considérés aujourd’hui comme historiques. Toute la scène suisse de l’art et un public averti se retrouvent à Fribourg pour découvrir les premières expositions personnelles de David Hammons, Dominique Gonzales-Foerster, Renée Green, Shirin Neshat, Thomas Hirschhorn, Christian Marclay, Jimmie Durham, Bernd & Hilla Becher, Julia Scher, Mark Dion, Valentin Carron, Steven Parrino, Wang Du, entre autres. L’architecture est également mise en lumière avec des expositions dévolues à Herzog et de Meuron, Shigeru Ban, The Rural Studio ou du moderniste fribourgeois Jean Pythoud. Dénicheur de talents, Michel Ritter fit de Fri Art un "laboratoire" permettant aux artistes d'expérimenter, de questionner et de concrétiser leurs investigations. Dès ses débuts, le lieu permet aux artistes fribourgeois de se rassembler et d’échanger leurs points de vue, offrant ainsi une solide plateforme au développement de la production artistique locale. Le programme ambitieux du centre d’art a propose, dès lors, une médiation entre la scène suisse et internationale dans ses développements les plus actuels, et le public. Michel Ritter est récompensé en 1995 par le Prix de mérite pour médiatrices et médiateurs d'art de l'Office fédéral de la culture (OFC), en 2004 par le Prix Art Frankfurt et un an plus tard par le Prix Meret Oppenheim.

En octobre 2002, Ritter est nommé à la tête du Centre culturel suisse de Paris, et Fri Art trouve en son successeur l’historienne de l’art Sarah Zürcher qui propose un programme construit autour d’expositions collectives qui permettent de montrer à Fribourg des œuvres d’artistes suisses et internationaux comme Armin Linke, Anselm Franke, Anne-Veronica Janssens, Carsten Nicolai, Thomas Schütte, Jane et Louise Wilson, Roman Ondàk, Zilla Leutenegger, Pierre Vadi, Frédéric Post, Isabelle Krieg, Nicolas Pages, Francis Baudevin ou Karim Noureldin. La curatrice française Corinne Charpentier reprend la direction du Centre en 2007 et propose des expositions monographiques d’Amy O’Neill, Delphine Coindet, Peter Coffin, Stéphane Dafflon, Edith Dekyndt, Claudia Compte, João Maria Gusmão & Pedro Paiva ainsi que la première exposition personnelle en Suisse de Latifa Echakhch.

En 2013, l’association Fri Art restructure l’organe exécutif et installe une direction bicéphale. La direction artistique est reprise en mai 2013 par Balthazar Lovay alors que Julia Crottet est en charge de la direction administrative. Si Fri Art poursuit son rôle de tremplin avec des premières expositions monographiques de jeunes artistes suisses et internationaux comme Ramaya Tegegne, Cameron Rowland, Selina Grüter et Michèle Graff, Jason Loebs, Hanne Lippard ou Lauris Paulus, il s’ouvre aussi à des expositions historiques ou rétrospectives (Film Implosion ; Rétrospective d’expositions fermées ; Kathe Burkhart, Peter Schuyff, Ferdinand Kriwet, Lucie Stahl). Le programme s’enrichit, pour la première fois, d’une politique éditoriale qui accompagne certains projets : The Anti Museum, Ramaya Tegegne, Peter Schuyff, Trix & Robert Haussmann ou Robert Heinecken. L’accent est également mis sur l’organisation d’événements, en particulier de performances et de musique expérimentale, ainsi que sur des projets de médiation. Le programme ambitieux du centre d’art a propose, depuis ses débuts, une médiation entre la scène suisse et internationale dans ses développements les plus actuels, et le public.

En plus des expositions et événements, la Kunsthalle s'implique et s’engage de manière dynamique dans le réseau des institutions culturelles (Association des musées du Canton Fribourg, Association K) et participe à des collaborations avec WallRiss, le FIFF, le Nouvel Opéra de Fribourg, Bad Bonn et les Services de la Culture de la Ville et du Canton de Fribourg.

En près de quarante ans d’existence dont trente à la rue des Petites-Rames, Fri Art a présenté au public environ 200 artistes et plus de 300 expositions.